Dans la seconde partie de sa vie politique, Talleyrand,
séjournant plus souvent à Valençay, s'est intéressé
de près à la vie locale: il fut maire de Valençay de 1826
à 1831 et conseiller général de l'Indre de 1829 à
1836. On trouve dans la ville de nombreux lieux rappelant sa présence
ou son action.
On
propose ici une promenade à travers la ville qui permettra de voir les
principaux de ces lieux. Cette promenade de 4 km, d'une heure et demie environ
à pied peut être interrompue à tout moment; elle peut
aussi être faite en voiture. Elle s'effectue suivant un itinéraire
qui, à partir de la porte du château donnant sur la ville, passe
par le centre, va jusqu'à l'église, revient par le bas de Valençay,
arrive à la filature, continue vers La Garenne puis l'ancienne gendarmerie
pour revenir au point de départ.
Rue du château, face à la sortie sur la ville du château, on remarque tout d'abord :
1. L'Hôtel d'Espagne
Cet
ancien relais de poste fut également fréquenté par la suite
des princes espagnols, don Ferdinand, don Carlos et don Antonio. George Sand
s'y arrêta vraisemblablement, en septembre 1834, lors de sa visite impromptue
à Valençay.
Se diriger ensuite vers le monument de Talleyrand, au centre de la place.
2. Monument de Talleyrand
Ce monument, offert à la ville par le dernier duc
de Talleyrand-Valençay, en 1938, pour le centenaire de
la mort du Prince. La stèle proprement dite est en pierre de Chauvigny,
le buste lui-même, en pierre des Vosges. Celui-ci a été
exécuté d'après l'original en marbre de Desprez (1839),
conservé au musée de Versailles. Nous sommes en présence
d'une restitution, remontant aux années 1950, une première effigie,
identique, ayant été plastiquée à l'automne 1944...
dont le plus gros morceau fut emporté par un militaire d'un régiment,
alors au repos à Valençay.
A la hauteur du monument de Talleyrand prendre soit la rue de la République sur la gauche soit la rue de l'Auditoire sur la droite puis tout de suite à gauche en direction de la place du marché on arrive devant:
3. La Halle
Récemment
aménagée en marché couvert, elle occupe l'emplacement de
l'ancienne église paroissiale, avec son cimetière alentour. Comprise
dans l'acquisition du domaine de Valençay par Talleyrand, en 1803, sa
revente à la municipalité a lieu, en 1810, après 2 ans
de négociations. Faite de chaume sur sol en terre battue, elle fut reconstruite
en 1875.
La rue Talleyrand se trouve à l'extrémité est, de la Halle, on trouve dans cette rue sur la droite, tout d'abord :
4. L'Hôtel de Ville
En 1836, Talleyrand fit don à la commune de Valençay
de la parcelle de terrain où s'élève aujourd'hui
l'hôtel
de ville. La première pierre en fut posée, le 17 mai 1843, pour
le huitième anniversaire de la mort du prince, par son petit-neveu, Napoléon-Louis
de Talleyrand-Périgord, duc de Valençay, membre du Conseil général
de l'Indre et maire de la ville de Valençay, également pair de
France et membre de la chambre des seigneurs de Prusse.
puis :
5. La maison de Charité
Sur le terrain situé à gauche de la chapelle,
Talleyrand fit élever simultanément une "Maison de charité",
confiée dès l'origine, à la Congrégation des Filles
de la Croix pour y dispenser l'enseignement à ses frais, au profit des
enfants pauvres et procurer des soins aux malades et infirmes.
avec :
6. Le tombeau de Talleyrand
Talleyrand fit construire une ravissante chapelle, commencée
en 1818, bénie l'année suivante et achevée en 1820. La
crypte, quant à elle, n'était pas achevée lorsque mourut
en 1834, la comtesse Vincent Tyszkiewitz, née princesse Poniatowska,
fidèle amie du Prince. La défunte fût enterrée à
même le sol de la chapelle. Lorsque le 17 mai 1838, le Prince mourut à
Paris, la crypte n'était pas davantage terminée : elle ne le fut
qu'en septembre et c'est le 5 septembre 1838, que le corps de Talleyrand y fut
déposé, en même temps que celui de son frère Archambaud
et de la petite Yolande de Valençay, arrière-petite-nièce
du Prince. La chapelle, sinistrée le 16 août 1944, a été
reconstruite sur un plan moderne, de 1957 à 1958. C'est également
en 1958 que les restes de la princesse Tyszkiewitz furent exhumés
et réinstallés dans la crypte.
Les autres corps déposés dans la crypte
sont ceux de la petite Charlotte-Dorothée, soeur de Yolande, morte en
1840, de la Princesse de Sagan, morte en 1905, de Boson, prince de Sagan, mort
en 1910, époux de la précédente, et de Boson, duc de Talleyrand
et de Valençay, second fils des précédents, mort en 1952.
La chapelle est propriété privée
: son autel actuel, en bois peint et doré, provient de l'ancienne chapelle
du château. Portatif, il pouvait servir pour des messes dites en plein
air.
Dans un avenir prochain, l'exhaussement du plafond devrait
permettre d'apercevoir le tombeau du Prince.
Descendre jusqu'aux feux tricolores et prendre la rue des Princes en face ou la Route de Chabris, à gauche, puis tout de suite à droite on se rend alors à :
7. L'église Saint-Martin
Le chevet de l'église actuelle de Valençay,
remontant au XVème siècle, n'est autre que l'ancienne église
d'un
prieuré bénédictin consacré à Notre-Dame.
Elle fut dédiée à Saint-Martin, après la disparition
de l'église paroissiale, ruinée à la Révolution,
située à l'emplacement de la Halle. L'église connut de
brillantes fêtes, le 15 août 1810, à l'occasion du mariage
de Napoléon et de Marie-Louise d'Autriche et en présence des princes
espagnols retenus prisonniers à Valençay. En 1836, sur les plans
de son architecte Vestier, Talleyrand dota l'édifice d'un clocher original,
inspiré de celui de l'église Saint-Martin de Vevey (Suisse) et
que le Prince avait eu l'occasion d'admirer lors de son séjour en Suisse,
en octobre 1825. C'est seulement entre 1860 et 1880 que furent construits le
bas-côté gauche, le maître-autel et la façade principale
de l'église.
A
l'intérieur, deux toiles intéressantes, à savoir, une Nativité
et une Crucifixion, cette dernière, œuvre de Boissard de Boisdenier était
autrefois l'ornement de la salle de la Justice de Paix. Quant au portrait de
Saint Ferdinand, roi de Castille et de Léon, œuvre de Jobbé Duval,
il s'est substitué à l'original, détruit par un incendie
accidentel.
Prendre la rue de l'Abreuvoir, à droite, en contrebas du chevet de l'église, au coin de la Maison de retraite, on jettera un coup d'œil sur :
8. L'usine Dorothée
Près de l'ancien "gué des Planches" devenu
pont métallique, menant au Bas-Bourg de Valençay, se voit
un
bâtiment construit à la place d'un ancien moulin à foulon
ayant lui même succédé, en 1822, au "moulin du pont".
Le moulin à foulon marchait de concert avec la filature, sous la direction
du même entrepreneur. Au fronton des fenêtres hautes de gauche et
de droite de la façade apparaissent trois lettres, la lettre T "abritant"
deux P, dont l'un est inversé pour Talleyrand-Périgord. Au
fronton de la fenêtre du milieu on peut lire, les initiales V S,
entrelacées, pour Valençay et Sagan. Au pignon ouest se
lit "Usine Dorothée 1867". Nous sommes en présence, en dernier
lieu, d'une usine de construction de machines et instruments agricoles, lancée
à l'époque par le duc de Valençay, l'un des commissaires
de l'exposition parisienne de 1867.
"Dorothée"
n'évoque pas la duchesse de Dino mais sa petite fille, née en
1862, d'un second mariage du duc de Valençay; elle est décédée
comtesse Jean de Castellane, en 1948.
Des modifications ont été apportées
à l'aspect originel du bâtiment.
Ne pas traverser la rivière, prendre la route des jardins à gauche en revenant vers la ville. Face à l'extrémité de la rue des jardins, apparaît :
9. La Filature
Créée au XVIIIème siècle par
Legendre de Villemorien, père de M. de Luçay, la Filature fut
construite avec les matériaux provenant de la démolition de l'aile
des communs du château qui obstruait la vue de la "cour d'honneur", côté
ville. Le bâtiment qui subsiste comportait 5 niveaux à l'origine,
et bénéficiait de la force hydraulique, fournie par l'eau du Nahon,
amenée par un canal forcé.
A
l'arrivée de M. de Talleyrand à Valençay, l'établissement
de M. de Luçay consistait en une filature de coton, une fabrique de bas
et une tissanderie. C'est en 1817, qu'à l'initiative du Prince, la filature
de coton fut transformée en filature de laine. Au premier étage
se trouvait l'atelier de carderie. la filature proprement dite occupait les
2ème et 3ème étages. Au 4ème étage, s'effectuait
la réparation du matériel. Les trois chaudières à
teinture étaient installées dans la cour de l'établissement.
En 1822, une machine à vapeur fut installée pour pourvoir au fonctionnement
des cardes et des broches. Elle était toujours en activité, en
1845.
Les principaux débouchés commerciaux étaient
la région rouennaise, Nîmes et Montpellier mais la "filature"
qui, économiquement, fonctionnait sur le mode de l'affermage, paraît
avoir cessé toute activité vers 1890.
La force motrice développée par la roue
à aubes fut utilisée jusqu'en 1940 pour activer un alternateur
qui fournissait au duc de Valençay un courant électrique continu,
par le biais d'une impressionnante batterie d'accumulateurs. En période
de basses-eaux, une turbine à gaz suppléait la défaillance
de la roue.
sur le coteau, se situe :
10. Le clos du château
L'une des anciennes vignes de Talleyrand, à flanc
de coteau, et surplombant ce qui fût le potager, a été replantée
sur 3 hectares, en 1992, sous l'appellation prometteuse du "Clos du château
de Valençay". A titre anecdotique, précisons que la seule récolte
de 1835, employa 91 vendangeurs durant deux jours dont seulement quatre
hommes.
Après avoir traversé le pont, sur la route nationale en direction de Châteauroux, beau panorama sur le château. Avant le virage, on aperçoit derrière une très belle grille en fer forgé :
11. La Garenne
Cet élégant pavillon, lieu de plaisance
bâti par Talleyrand, de 1805 à 1806, paraît lui avoir été
inspiré par Renard, son architecte. Mais la mort de ce dernier, en 1807,
pourrait bien avoir conduit son successeur Bonnard à parachever cette
construction originale, dite de style rustique à l'italienne, dont il
ne reste que peu d'exemples.


Les Princes d'Espagne s'y adonnèrent à la
chasse au lapin et la duchesse de Dino, nièce de Talleyrand, y reçut
avec éclat, en 1834, le jeune duc d'Orléans, fils aîné
de Louis-Philippe.
Devenu rendez-vous de chasse au début du XXème
siècle, La Garenne est, aujourd'hui, propriété privée.
De là, remonter vers la ville, en longeant le mur du parc pour traverser le Nahon. En haut de la côte, à l'entrée de la ville à main droite, se trouve :
12. L'ancienne gendarmerie
Le début de sa construction remonte à l'année
1808, lors de l'internement des princes d'Espagne et
constituait
le Tournebride. D'où le nom actuel de la rue qui y conduit de nos jours,
placée sur le tracé de la route royale. Lorsque la gendarmerie
fut installée dans cet immeuble donné à bail par le duc
de Valençay, en 1837, la rue portait le nom de Talleyrand. Le bail
fut renouvelé, en 1846, et périodiquement à la suite. Le
bâtiment subit un grave incendie, le 2 juin 1851, dont les causes ne furent
jamais élucidées.
Vendu comme toute la "Terre de Valençay", en 1901,
la gendarmerie fut acquise par M. Chevrier. Cet ancien régisseur du château
la céda au département de l'Indre, en 1922, lequel la rétrocéda
à la commune de Valençay, en 1975.
Elle fut acquise par l'office départemental d'H.L.M.,
en 1982.
Rejoindre la place Talleyrand pour se retrouver face
à la rue du château.
P.S. Pour des renseignements sur le tourisme à
Valençay cliquez ici sur "Le
tourisme à Valençay".