LE RAPPORT SUR L’INSTRUCTION PUBLIQUE DE CHARLES-MAURICE DE TALLEYRAND-PERIGORD

Caroline LOINARD


II ] LES CONTRADICTIONS DU PLAN TALLEYRAND.

A) La religion

1-TALLEYRAND et l’église.

Dès l’âge de 15 ans en 1769, on le pousse vers la prêtrise et l’année suivante, il entre au séminaire de saint – Sulpice où il montre bien peu d’empressement, il y affiche une liaison avec une actrice de comédie française.
En 1774, TALLEYRAND reçoit les ordres mineurs, l’année suivante, Charles – Maurice assiste au sacre de LOUIS XVI où son oncle est coadjuteur* de l’archevêque (*prélat adjoint).

Ses études en Sorbonne où il obtient sa licence de théologie grâce à son nom plus qu’a son travail, l’amène à être ordonné prêtre à 25 ans en 1779.

En 1780, TALLEYRAND est nommé agent général du clergé et en sa qualité de secrétaire est chargé en 1785 de défendre les privilèges fiscaux de l’église face aux besoins d’argent de LOUIS XVI.

En 1788, il est ordonné évêque d’AUTUN.

2- Les oppositions

On constate certaines oppositions dans le rapport de TALLEYRAND surtout sur le thème de la religion.

Comme nous l’avons défini dans le point précédent TALLEYRAND est un homme d’église, mais dans son rapport il ne veut plus que l’école soit gérer par l’église, TALLEYRAND veut à tout prix bannir ce système. Il dit que désormais, l’état prendra en charge pour la première fois l’organisation des écoles et les frais d’enseignements.

TALLEYRAND n’a pas oublié qu’il a reçu une éducation cléricale et qu’il a été consacré évêque. Il pense qu’il faut tout de même garder une place pour l’enseignement catholique au sein des écoles.

Ici on peut constater de nouveau un de ses traits de caractère puisque lorsqu’il était évêque, sous l’ancien régime, il ne se souciait pas du fait que ce soit l’église qui ait en charge l’école, alors que maintenant que la volonté révolutionnaire désire abolir ce principe il retourne « sa veste » en se conformant à la volonté générale.

B) La gratuité

En ce qui concerne le problème de la gratuité, il y a une forte contradiction, en effet l’instruction publique doit être gratuite pour tous et pour tous les âges.

Or le Plan TALLEYRAND met en évidence que la gratuité est commune à tous uniquement dans les écoles primaires. Passé l’école Primaire, un système de bourses est assuré pour les meilleurs éléments.

En conséquence, le principe de gratuité n’en est pas vraiment un car pour continuer les études, il faut soit être excellent ou avoir beaucoup d’argent. En effet un élève bon, mais pas excellent, si ses parents n’ont pas d’argent est contraint d’abandonner l’école.

C) Les femmes.

Les lieux d’éducation des filles se réduisent parfois à des lieux de retraites voire d’enfermement, certes la formation dispensée qu’importe aux autorités éducatives tend à se cristalliser autour de la seule instruction religieuse. Il n’en reste pas moins que ces lieux d’éducation existent, que les rudiments de lecture et souvent d’écriture, sont enseignés même s’ils sont sous produits des espoirs et des engagements éducatifs des institutions mises en place .

Au XVII et XVIII siècle les filles sont nettement sous alphabétisées et sous scolarisées relativement aux garçons.

Certains républicains écartent les femmes de la vie politique, les cantonnent à l’espace privé domestique et limite leur éducation publique à peu de chose.

TALLEYRAND légitime fermement l’exclusion des femmes de tout droit politique, c’est une loi de nature propre à assurer le bonheur commun des deux sexes.

Il propose de n’accepter les filles à l’école jusqu’à 8 ans (pour y recevoir les éléments des connaissances qui doivent être communes aux deux sexes.)

Passé cet âge, «avant de quitter l’enfance», elles doivent s’en retirer et se renfermer dans la maison paternelle.

«En toute femme on voit d’abord une mère virtuelle confinée à l’espace privé. »

TALLEYRAND prend le contre-pied d’un de ses principes fondamentaux énoncés précédemment : l’instruction doit exister pour les deux sexes. Sa conception de l’enseignement des filles semble quelque peu archaïque. Il n’a pas compris l’avenir auquel les filles sont appelées, il les cantonne à un rôle domestique, il leur refuse une place dans le domaine politique. En conséquence, son plan est pauvre sur ce point.

L’EDUCATION DES FEMMES
ART 1 : Les filles ne pourront être admises aux écoles primaires que jusqu’à l’âge de 8 ans.
ART 2 : Après cet âge, l’Assemblée Nationale invite les pères et les mères à ne confier qu’à eux même l’éducation des filles et leur rappelle que c’est leur 1erdevoir.
ART 3 : Il sera pourvu que chaque département aux moyens de former des établissements destinés à procurer aux filles qui sortiront des écoles primaires ou de la 1ère éducation paternelle la facilité d’apprendre des métiers convenables à leurs sexes.
ART 4 : Il sera pourvu aussi, par les départements, à l’établissement d’un nombre suffisant de maison d’éducation pour les filles qui ne pourront être élevés dans la maison paternelle.
ART 5 : Les maisons sont dirigées par des institutrices nommées par le directoire des départements.
ART 6 : Les départements prescrivent des règles à ces établissements veilleront à leur exécution, pourront destituer les institutrices dont la conduite ne correspondrait pas à la confiance.
ART 7 : Ils fixeront le prix des pensionnats et les traits des institutrices et les proportionneront aux objets d’enseignements qu’elles seront capables de professer pour leurs élèves.
Art 8 :Toutes les instructions données aux élèves dans des maisons d’éducation publique tendront particulièrement à préparer les filles aux vertus de la vie domestique et aux talents utiles dans le gouvernement d’une famille.


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